17.08.17 Relations bancaires: la «Cinquième Suisse» passe à l'offensive

 


Gels d’avoirs, liquidation de comptes, suppression de cartes de crédit et refus de prestations: voilà bientôt 10 ans que les Suisses de l’étranger considèrent qu’ils sont traités comme des citoyens de «seconde classe» par les banques helvétiques. Après avoir tenté toutes les voies de discussion possibles, l’Organisation des Suisses de l’étranger (OSE) passe à l’attaque, notamment sur le plan politique.

 

Profitant de la présence de nombreux Suisses de l’étranger à Bâle à l’occasion de son Congrès annuel, l’OSE invitait aujourd’hui à la mairie de Bâle les médias pour une conférence de presse ayant pour but de revenir sur les différentes démarches effectuées concernant les relations bancaires et surtout présenter les actions politiques actuelles et à venir.

 

Depuis neuf ans en effet, la question bancaire est au cœur des discussions du Conseil des Suisses de l'étranger (CSE) et ni les demandes répétées aux départements fédéraux compétents, ni les contacts pris avec les banques suisses, l’Association suisse des banquiers ou l’ombudsman des banques n’ont permis de trouver de solution à l’amiable. La résolution du problème doit de fait passer par une modification législative.

 

Le président de l’OSE, Remo Gysin, n’a pas mâché ses mots «un modèle d’affaires qui exclut les Suissesses et Suisses de l’étranger est discriminatoire, discrédite la place financière et nuit à la Suisse.»


Il a ensuite présenté la stratégie en trois axes mise au point par l’OSE. Celle-ci concerne tout d’abord les banques d’importance systémique. En effet, dans la mesure où elles jouissent d’une garantie implicite de la Confédération en cas de difficultés financières, voire de faillite, elles devraient être amenées, en contrepartie, à accepter les Suisses de l’étranger comme clients.

Il s’agit ensuite de rappeler que les banques en mains publiques disposent d’une responsabilité particulière envers les citoyens suisses. C’est le cas pour PostFinance – qui se trouve déjà dans le collimateur de l’OSE – mais aussi des différentes banques cantonales. Si l’OSE privilégie actuellement le dialogue avec ces dernières, elle n’hésitera pas à s’adresser aux Conseils d’Etat, propriétaires des banques cantonales, et aux parlements cantonaux en cas de réponse insatisfaisante.

 

Enfin, l’OSE ne perd pas espoir de convaincre les banques privées de traiter également Suisses de l’étranger et Suisses de l’intérieur, et continue donc à les solliciter.

 

Roland Rino Büchel, membre du Comité de l’OSE et conseiller national (UDC/SG) a lui rappelé que suite au refus à trois voix près de sa motion par le Conseil national le 4 mai 2017, Filippo Lombardi (PDC/TI) a déposé le 16 juin dernier une motion cosignée par 35 conseillers aux États. Celle-ci, comme celle de Roland Rino Büchel, requiert que tous les Suisses de l’étranger puissent ouvrir un compte dans une banque d’importance systémique. D’autre part, et sur proposition de Laurent Wehrli (PLR/VD), la Commission de politique extérieure du Conseil national a déposé le 3 juillet une motion exigeant que PostFinance revoie ses prestations de service universel relatif aux paiements pour l’étendre aux Suisses de l’étranger.

 

Les trois axes stratégiques dévoilés par l’OSE visent à trouver enfin une solution à la problématique bancaire et faire ainsi disparaître la discrimination que subissent nos concitoyens à l’étranger.

 

 

Annexe: Factsheet problématique bancaire